Extatosoma tiaratum (Macleay, 1827)
Synonyme : Tropidorus tiaratum & Extatosoma hopei
Nom vernaculaire: LE PHASME A TIARE
Origine et biotope: Cette espèce est originaire d’Australie (orientale) et de Nouvelle-Guinée. Elle se rencontre dans les forêts d’Eucalyptus, plus particulièrement les Eucalyptus major, Eucalyptus maculata et Eucalyptus teriticornis.
Description: La femelle mesure environ 110 à 150 mm (hors pattes) de long. Elle porte des « excroissances épineuses » sur le dos, elle est assez grosse surtout au moment de la ponte où son abdomen peut atteindre, pour de belle femelle, le diamètre d’un goulot d’une bouteille d’eau d’un litre et demi. Elles possède de petites ailes d’environ 1 à 2 cm. Sa coloration est variable selon les individus et les conditions climatiques. On rencontre des femelles de couleurs brune, jaunâtre, brun très foncé (presque noir) et verte. Une couleur n’est jamais fixé à une souche. Une femelle verte peut donner à la génération suivante des individus de tout autre couleur sans qu’il n’y ai un seul spécimen vert.
Le mâle mesure entre 90 et 150 mm (hors pattes) de long. Le corps est assez fin, lisse et possède des ailes lui permettant de voler sur des distances plus ou moins importante, bien qu’en général, elles lui servent à amortir d’éventuelles chutes. L’envergure peut atteindre 150 mm pour les plus grands spécimens. La coloration des mâles est généralement brunâtre, jaunâtre ou brun très foncé.
Chez les deux sexes, les pattes sont foliacées.
Alimentation: En captivité, cette espèce accepte de nombreuses espèces végétales et son élevage est généralement effectués sur ronces. Cette espèce accepte également l’eucalyptus, chêne, rosier, framboisier, aubépine, pyracantha, hêtre, et probablement de nombreuses autres variétés.
Le terrarium: Pour maintenir 3 à 5 couples, un terrarium de 40 x 40 x 60 cm est amplement suffisant. Une bonne aération est de rigueur, un côté sera donc grillagé (moustiquaire). Pour le sol, on préfèrera disposer des feuilles de papier essuie-tout, qui permettra un nettoyage régulier, facile, rapide et facilitera également le « ramassage » des œufs. La plante nourricière sera disposée au centre du terrarium (branche placé dans un récipient avec de l’eau).
Conditions climatiques: La température d’élevage se situera entre 22 et 25°C. Cette température sera apportée soit par une pièce chauffée si vous élevez de nombreuses espèces ou dans le cas d’un élevage unique, le plus simple consiste de placer votre terrarium dans un plus grand terrarium qui sera lui chauffé par un cordon chauffant. On évitera d’utiliser les lampes chauffantes qui ont l’inconvénient de dessécher l’atmosphère.
Un taux hygrométrique devra être maintenu aux environ de 70-80% par des pulvérisations d’eau quotidienne sur le feuillage. On évitera de garder un sol trop humide afin de ne pas engendrer l’apparition de moisissure. En général, une pulvérisation d’eau le matin et le soir est amplement suffisante. Une hygrométrie de 80% est surtout recommandé, toujours avec une bonne aération, pour les larves aux stades 1 à 3 qui meurent rapidement de déshydratation. La luminosité normale d’une pièce est suffisante. Remarque : les larves fraîchement éclosent préfèrent une luminosité plus importantes et se dirigent généralement vers le point le plus lumineux du terrarium.
Reproduction: Cette espèce est sexuée mais la reproduction par parthénogenèse fonctionne également, donnant naissance qu’à des individus femelles.
Les accouplements ne posent pas de problème et durent plusieurs heures. Ceux-ci ont lieu fréquemment. Les premiers œufs sont pondus environ un mois après la dernière mue. Ceux-ci sont expulsés dans les airs et l’on peut entendre les claquements de ceux-ci sur les parois du terrarium. La pleine ponte est généralement atteinte au bout d’un mois après le début de celle-ci et aller jusqu’à une douzaine d’œufs pondus en un seul jour. L’œuf mesure environ 4,5 mm de large et 5 mm de long. Sur l’opercule, on aperçoit un « bouton ». La couleur varie du brun-jaunâtre bariolé de noir avec une bande brune sur un côté allant de l’opercule à la base de l’œuf. Les œufs sont maintenu à une hygrométrie d’environ 70% (maxi 80%). La durée d’incubation varie de 134 jours à 378 jours, une très longue incubation correspondant à des œufs issus de reproduction par parthénogenèse. A la naissance, les larves, mesurant environ 15 mm sont noires, la tête brun-rougeâtre sont « toutes folles » et court partout à travers de terrarium durant le premier stade, faisant penser à de grosses fourmis. A partir du deuxième stade, ils ont l’apparence des adultes (sans les ailes) et on peut déjà les sexer : le dos est lisse chez le mâle et chez la femelle les excroissances épineuses apparaissent.
La durée de développement de l’œuf à l’adulte varie de 4 à 5 mois. La femelle adulte a une durée de vie pouvant atteindre 8 mois et pendant laquelle elle peut pondre jusqu’à plus de 600 œufs. Le mâle adulte a une durée de vie plus courte qui peut atteindre 5 mois.
Défense: Cette espèce, excepté son mimétisme de feuilles mortes recroquevillées n’a pas vraiment de moyen de défense. Les spécimens, surtout adultes, ont tendance à lever l’arrière de leur corps et frapper avec leurs pattes postérieures si ils sont agressés ou manipulés.
Remarque: C’est une espèce très intéressante, facile à élever et pouvant convenir aux débutants avertis. La maintenance établie, cette espèce devient assez prolifique.